Cartographier les émotions dans le corps 2/2

APPROCHE OBJECTIVE

Que ce soit par l’expression faciale, la gestuelle, ou le timbre de voix, nous échangeons des informations qui facilitent grandement la compréhension entre individus. Ces échanges bidirectionnels d’information non-verbale se font tout naturellement sans qu’intervienne la conscience. D’où l’intérêt de connaître un peu plus sur la communication émotive universelle et innée aux humains.

Un nombre important de recherches universitaires sont effectuées sur l’expression des émotions et les mimiques faciales. Un système éprouvé pour encoder chaque expression du visage a été développé en 1978 par Ekman et Friesen et intitulé « Facial Action Coding System » (FACS).

Les contractions des muscles peauciers sont amplement étudiées, par contre, une discipline émergente spécialisée dans la gestuelle a vu le jour avec un système comparatif intitulé « Body Action Coding System » (BACS). Cette approche scientifique reprend le flambeau des prédécesseurs et prolonge dans tout le corps la recherche des traces d’impulsion émotionnelle.

Dans cette expérience, les chercheurs ont étudié la réaction des muscles du haut du corps impliqué dans l’émotion de la peur et de la colère. Au départ, 48 collégiens du premier cycle ont participé à deux expériences devant un écran noir grandeur nature sur lequel on projetait une vidéo de courte durée.

Dans les vidéos, on voit une comédienne qui entre et qui sort de la pièce. Dans la première expérience, les participants devaient rester debout et immobiles. Dans la deuxième, il devait mimer l’émotion. Au total, 72 essais faits aléatoirement, dont 36 stimulus de colère et 36 stimulus de peur.

Les vidéos ont été validés et documentés dans plusieurs recherches précédentes. Noter que les visages des comédiens sont flous sur les vidéos.

D’après les auteurs : Les muscles de l’avant-bras étaient fortement actifs pour l’expression de la colère et, dans une moindre mesure, pour l’expression de la peur. En revanche, les muscles des mollets ont été impactés un peu plus pour les expressions craintives. Il a également été constaté que les muscles répondaient automatiquement à la perception de l’émotion, sans aucun mouvement manifeste.

Les unités d’action dans les bras et les épaules, telles que les extenseurs du poignet, les biceps, les triceps et les deltoïdes antérieurs, sont faciles à localiser et à mesurer et fournissent des signaux de mouvement très forts. L’évaluation de leurs habitudes d’activité par rapport aux autres permet la discrimination entre les mouvements de colère ou de peur.

Cette recherche met en lumière que dans la détection de la colère et de la peur, les muscles du corps se contractent involontairement, même lorsque la personne reste debout et immobile.

Lorsqu’une étincelle émotive surgit, elle se disperse dans l’ensemble du corps en activant des groupes de muscles bien spécialisés. De plus, il est possible de qualifier et quantifier l’intensité de l’impulsion disséminer à partir de la tête jusqu’au bout des pieds.

Avec la multiplication des recherches scientifiques, il sera possible dans un proche avenir de cartographier objectivement la manifestation de chacune des émotions, et ce, dans tout le corps humain. Il sera possible aussi de connaître le degré d’intensité réaliste des muscles impliqués pour chacune des émotions.  

En cartographiant avec précision l’impact des émotions dans le corps humain, de nouvelles approches thérapeutiques innovantes s’offriront à nous.

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