Quels sont les indicateurs du mensonge ?

ÉTUDE SUR LE MENSONGE ET LES INFIRMIÈRES STAGIAIRES

Voici une étude sur le mensonge faite en collaboration avec des infirmières stagiaires dans les années 1970.

Étude sur le mensonge et les infirmières stagières

Cette étude universitaire remarquable par sa pertinence est citée dans le livre » La clé des gestes » de Desmond Morris publié en 1978. Cette étude brosse un tableau global sur la détection du mensonge par le non-verbal.

Voici le contexte dans lequel c’est déroulé la recherche et la mise en situation.

Les chercheurs du milieu de la santé annoncent ouvertement qu’ils sont à la recherche d’infirmières stagiaires aptes à mentir dans le but avoué de réduire le niveau de stress des patients fortement médicamentées pour des troubles d’anxiétés sévères. Cette clientèle est à risque lors d’une opération, car il faut souvent augmenter la dose des médicaments juste avant l’intervention.

Sachant que l’augmentation des doses d’anti-anxiolytiques augmente considérablement les risques de complication lors d’opérations importantes, une première sélection de candidates a permis d’éliminer les infirmières visiblement inconfortables lorsqu’elles mentaient.

En gardant uniquement les infirmières convaincantes, les chercheurs ont poursuivi l’étude tout au long de leur stage avec la visualisation de vidéos montrant des opérations chirurgicales complètes du début à la fin. Lors de l’entrevue réalisée immédiatement après le visionnement de chaque vidéo, on demandait aux infirmières encore sous l’effet des émotions de décrire spontanément ce qu’elles avaient vécu au cours de cette expérience.

Puis, lors d’une deuxième entrevue quelques jours plus tard, les chercheurs demandaient de minimiser le déroulement de l’opération de manière à réduire le niveau d’anxiété du patient. Ainsi, l’information qu’elle devait communiquée au patient concernant la banalité de l’opération effectuée quotidiennement et dont le risque de complication est pratiquement négligeable.

En comparant le non-verbal lorsqu’elles disaient la vérité et lorsqu’elles mentaient, voici les conclusions qui émergèrent de cette étude :

Lorsqu’elles mentaient :

  1. Diminution des expressions faciales et augmentation des micro-expressions.
  2. Augmentation des contacts de la main et du visage.
    (Toucher le nez et la bouche particulièrement)
  3. Les gestes illustrateurs qui accompagnent les mots diminuent fortement.
  4. Haussement des mains et diminution des autres gestes.
  5. Changement de position du corps plus fréquent.

Toujours aussi d’actualité, cette étude a jeté les bases sur la détection du mensonge en utilisant le non-verbal. Jumelée aux découvertes en neurosciences, la technique sur la détection du mensonge par le non-verbal se précise sans pour autant être une science exacte, tout comme le polygraphe d’ailleurs.

La prochaine fois que vous aurez un doute sur la véracité de l’information communiqué par votre interlocuteur, demandez-vous si l’un des cinq critères énumérés plus haut s’observe dans le langage non-verbal.

Plus il y a de critères présents simultanément, plus les probabilités d’être en présence d’une personne qui ne dit pas toute la vérité sont fortes.

À vous d’examiner un peu plus ces moments d’inconforts et de découvrir ce que votre interlocuteur cherche à dissimuler.

Daniel Thérien