Identification : histoire

IDENTIFICATION JUDICIAIRE

Le désir d’identifier les gens par les traits du visage remonte en 1778 avec Jean Kaspard Lavater dans un livre intitulé « La physiognomonie«. Précurseur dans son domaine, son œuvre manuscrit est colossal et largement illustré de ses 750 gravures vues de face et de profil. Il jeta les bases de ce qui deviendra un siècle plus tard la théorie de l’évolution.

En 1877, Charles Darwin explora les expressions faciales dans un livre méconnu intitulé : « Les expressions des émotions chez l’homme et les animaux ». Un système de communication universel que possèdent tous les humains sur terre indépendamment des origines ethniques. Ses découvertes sur les mimiques faciales amélioreront les résultats des logiciels de reconnaissance faciale à partir de 2015 avec l’introduction de l’intelligence artificielle.

La recherche d’un visage typiquement criminel revient à Cesare Lombroso dans un livre intitulé « L’homme criminel » publie en 1876. Cette thèse controversée de profilage facial basé sur des valeurs morales n’a pas survécu aux tests pratiques.

Il faut attendre Alphonse Bertillon en 1879 pour établir les bases de l’identification judiciaire avec une technique criminalistique qui repose sur l’analyse biométrique accompagnée d’une photographie de face et de profil. À cette époque, l’observation faite par les instances policières était qu’un nombre important de personnes se retrouvaient sur plus d’une scène de crime, d’où la pertinence de pouvoir les identifier et les reconnaître advenant le cas.

Le 16 février 1883, le système permet pour la première fois l’identification de ce que l’on appelle alors un « cheval de retour », c’est-à-dire un récidiviste.

C’est en 1902, dans l’affaire Scheffer, qu’Alphonse Bertillon identifie un récidiviste sur une scène de crime par une empreinte de doigt sur la vitre d’un présentoir. L’année d’après, il perfectionne une technique pour relever les empreintes digitales et l’ajoute à son système d’identification judiciaire.

Les photographies de face et de côté du visage accompagné d’empreintes digitales sont universellement utilisées par les criminalistes depuis plus d’un siècle déjà. Ajoutez l’ADN et un logiciel de reconnaissance faciale au système d’identification judiciaire établie en 1902 et vous obtenez un système d’identification à la fine pointe de la technologie de 2019.