Procédure élémentaire pour détecter le mensonge

LE MENSONGE EST-IL VRAIMENT DÉTECTABLE ?

Avant de s’improviser comme » détecteur mensonge « , voici la procédure élémentaire pour s’assurer une marge d’erreur minimum que ce soit avec le polygraphe ou avec les micro-expressions. Les trois étapes sont essentielles pour distinguer le vrai et le faux.

Procédure de détection du mensonge, pour le polygraphe comme pour l'étude du non verbal

Au départ, l’enquêteur doit avoir une attitude neutre, avec une voix calme, monocorde, sans émotivité.

La première étape consiste à établir une ambiance confortable pour celui qui est interrogé. Pour ce faire, l’enquêteur utilise des questions auxquelles les réponses sont déjà connues comme les lieux de résidence, le nombre d’enfants, les sujets concernant le père, la mère, le travail, etc. Toutes ces questions ont pour objectif de placer l’interrogé dans une situation de stress minimum. Cet état de stress minimum est qualifié de » neutre » et servira de référence à l’enquêteur tout au long de la séance d’interrogatoire.

Advenant le cas ou l’interrogé a un niveau de stress supérieur à la normale, c’est ce niveau de stress qui servira de référence pour établir le neutre. Cette étape est cruciale dans le bon déroulement de l’interrogatoire. Sans ces éléments de comparaison valides entre les périodes de confort et d’inconfort, il est impossible de déterminer si le suspect ment ou pas. Souvenez-vous que selon les statistiques, 10% de la population ne sont pas détectables.

La deuxième étape consiste à explorer aléatoirement les sujets dont on n’a pas nécessairement les réponses. L’objectif est d’observer les périodes d’inconfort lorsqu’elles se manifestent et se sensibiliser aux sujets qui font réagir. L’inconfort nous indique une forme de stress observable visuellement.

Une étude sur le mensonge et le non verbal faite par l’université de Portsmouth au Royaume-Uni mentionne que 80 % des menteurs sont détectés lors d’une question hors contexte qui surprend l’interrogé.

Une deuxième étude mentionne qu’une histoire véridique contient des détails sensoriels. À la demande de détails supplémentaires, de nouveaux détails sont communiqués. Dans la situation où l’interrogé ment, il doit forger une histoire en s’attardant aux généralités pour ne pas être démasqué. À la demande de détails sensoriels supplémentaires, il réitère sa version des faits sans ajouter de détail supplémentaire. Avec cette technique, il est possible de détecter les menteurs dans 78% des cas.

La troisième étape consiste à revenir sur les questions qui ont fait réagir l’individu et vérifier si ces réactions sont des cas isolés ou si elles se répètent à chaque formulation différente de la question. Cette multitude de sujets sensibles induit un niveau de stress supplémentaire et facilite la détection des périodes d’inconfort.

Le polygraphe ou les micro-expressions ne détectent pas le mensonge comme tel, mais bien le niveau de stress. L’emballement du stress à plusieurs reprises sur un sujet donné indique fortement la possibilité d’un mensonge.

L’expérience montre que chaque personne à ses propres réactions physiques et mimiques faciales lorsqu’elle ment. Après avoir étudié le non-verbal de la personne, établi le neutre, observé les différentes mimiques récurrentes, là, il devient possible de conclure qu’une personne à de fortes probabilités de mentir ou non.

Lors d’entrevue, d’interrogatoire ou de contre-interrogatoire, testez cette procédure et faites ressortir les sujets sensibles pour savoir toute la vérité, juste la vérité et rien que la vérité.

Daniel Thérien